La revue « Das Kunstwerk » (1974), dans son numéro intitulé « Mythos Künstlertod » (Le mythe de la mort de l'artiste), a utilisé la dernière photographie de Ferrée comme image principale d'un essai sur la mort de l'artiste. La revue a été publiée peu après sa mort tragique.
Jean Guillaume Ferrée à Bruxelles, photographie d'Albert Auvray, 1966
Court-Circuit de Jean Guillaume Ferrée À Paris, l'œuvre photographique « Court-Circuit » de Jean Guillaume Ferrée, datant de 1970 et perdue dans les années 1980, a été redécouverte. Cette série en dix parties présente le regard d'une caméra traversant un appartement miniature pour se diriger vers une maquette de maison posée sur des tréteaux, avant de pénétrer dans la même pièce miniature contenant une maquette de la maison. Le début est ainsi simultanément la fin, un cycle sans fin. La première photographie (image 1) montre une pièce dont les murs sont ornés de diverses œuvres de Ferrée. La pièce et les œuvres sont des répliques miniatures de sa maison natale à Lorquin, en France, et de ses propres créations. Au centre de la photographie se trouve la maquette de la maison, porte ouverte. Dans les images suivantes (deux, trois et quatre), la caméra se dirige vers cette porte, avant de pénétrer dans le couloir, où elle se tourne vers la porte de droite. Derrière la porte se trouve la pièce qui abrite, outre les œuvres de Ferrée, la maquette de la maison où la série a débuté, marquant ainsi un nouveau départ. Le fait que cette maison soit une maquette de la maison natale de Ferrée est intéressant à deux égards. Premièrement, à côté de la pièce contenant la maquette se trouve la Capsule de temps, également créée par Ferrée sous forme d'installation en 1970, mettant en scène un double. Cette capsule temporelle est visible à travers une ouverture dans le couloir, permettant au spectateur de voir à travers les yeux du double, dans la pièce et un miroir. Cette installation a été souvent interprétée comme une métaphore de l'état neurologique de Ferrée. La perspective du spectateur à travers les yeux de Ferrée est également significative dans la série de photographies du circuit judiciaire. Ici, l'objectif de l'appareil photo représente les yeux de Ferrée. Le spectateur suit le parcours, et donc le regard de Ferrée, à travers la maison de ses parents, qui, pourtant, n'existe que sous forme de maquette sur la photographie. Cependant, ce modèle, à l'instar des œuvres de Ferrée, pourrait être perçu comme une manifestation artistique supplémentaire de son quotidien, demeurant ainsi inaltérable par le temps. Le médium du photoloop a été exploré de manière expérimentale par divers artistes tout au long de l'histoire de la photographie. En 1973, Duane Michals en a réalisé une autre étude de cas exemplaire avec sa série *Things are queer*. Contrairement à Duane Michals, Jean Guillaume Ferrée a rarement eu recours à la photographie. La série *court- circuit* occupe donc une place particulière dans son œuvre.
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